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Dossier: fonctionnement de la climatisation

publié le 03 janvier 2014

La climatisation est devenue un organe quasi-incontournable d'une automobile: elle équipe près de 9 véhicules neufs sur 10 en France. Parce qu'elle permet une meilleure régulation de la température dans l'habitacle, elle est un élément de sécurité indirect du fait qu'elle permet aux automobilistes de conduire dans des conditions de confort optimales.

Le système de climatisation repose sur l'échange de chaleur entre deux fluides, l'air ambiant et un fluide réfrigérant (autrement appelé frigorigène). La circulation de ce dernier se décompose en deux boucles: le circuit haute pression et le circuit basse pression.

Réfrigérant : circuit haute pression

Le circuit haute pression se compose de 3 éléments. Le compresseur, entraîné par la courroie "accessoires" du moteur, est le premier d'entre eux. La poulie du compresseur est munie d'un embrayage pour que ce dernier soit déconnecté lorsque la climatisation n'est pas en fonction.

Le réfrigérant, sous forme gazeuse, est comprimé à une pression pouvant atteindre 30 bars (pression initiale d'environ 3 bars). Le fluide est alors à une température de 80 °C.

La puissance du compresseur est dépendante du régime moteur. Pour pallier à ces variations de puissance et ajuster le débit du fluide réfrigérant en fonction des besoins du système de climatisation, le compresseur peut être à volume variable. Lorsqu'il fonctionne à volume constant, il est alors périodiquement désembrayé.

Le réfrigérant passe ensuite dans le condenseur dont le rôle est de dissiper la chaleur dûe à la compression. Le fluide passe alors à une température de 55 °C. A cette température, le fluide réfrigérant passe de l'état gazeux à l'état liquide. La dissipation de chaleur se fait par la circulation de l'air extérieur à travers le condenseur. Lorsque le débit d'air n'est pas suffisant (véhicule à faible vitesse par exemple), la circulation de l'air peut être forcée à l'aide d'un ventilateur.

Enfin, le fluide passe à travers le déshydrateur, un petit réservoir contenant un asséchant retenant l'eau. Cette étape évite la formation de glace dans le circuit basse pression.

Réfrigérant : circuit basse pression

Une fois passé le déshydrateur, le fluide passe dans le détendeur. La température du fluide passe alors de 55 °C à 10 °C et la pression s'établit à 3 bars. Pour abaisser la pression, le liquide pénètre dans un grand volume. La régulation de pression se fait via une soupape.

Parfois, le fluide passe dans le détendeur via un simple orifice (moins de pièces en mouvement), la régulation de pression se fait alors soit en coupant la climatisation momentanément soit à l'aide d'un accumulateur monté entre l'évaporateur et le compresseur.

La dernière étape se passe au sein de l'évaporateur. Son rôle est d'absorber la chaleur de l'air extérieur. Le fluide réfrigérant peut atteindre une température de -30 °C à l'entrée de l'évaporateur.

Ensuite, la température du fluide augmente par échange de chaleur avec l'air extérieur jusqu'à ce que le fluide redevienne à l'état gazeux. Une fois passé à travers l'évaporateur, l'air atteint une température de 5 °C environ avant d'être injecté, par l'intermédiaire du pulseur, dans l'habitacle.

Au passage de l'évaporateur, l'air s'assèche naturellement par condensation. Lorsque le système est stoppé, la condensation devient à l'état purement liquide, c'est ce phénomène qui explique les pertes d'eau, via le drain de l'évaporateur, observées sous un véhicule, notamment par temps chaud.

Différents types de fluides réfrigérants

Les fluides réfrigérants sont des gaz à effet de serre. Ils devraient théoriquement fonctionner en circuit fermé. Toutefois,  le réfrigérant s'évapore d'un véhicule au gré de son fonctionnement et ces pertes peuvent atteindre 30 g/an voire plus sur une quantité totale d'environ 800g (masse variant selon le modèle de véhicule).

C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il peut être nécessaire de recharger périodiquement le circuit de climatisation en fluide réfrigérant: lorsque la quantité de fluide est insuffisante, le système de climatisation n'aura plus la capacité de refroidir suffisamment l'air pénétrant dans l'habitacle.

Ces fuites posent néanmoins problème car les effets des gaz frigorigènes ont des effets néfastes dans l'atmosphère. Alors que le CO2 a, par définition, un potentiel de réchauffement global (PRG) de 1 sur 100 ans (durée de vie estimée du CO2 dans l'atmosphère), le PRG du fluide réfrigérant couramment utilisé dans l'automobile, le R134a, s'élève plus de 1.300 et a une durée de vie d'environ 13 ans.

Jusqu'au début des années 2000, l'industrie automobile utilisait le R12, un gaz ayant un PRG de plus de 8.000 et une durée de vie dans l'atmosphère de 150 ans.

Depuis 2013, les constructeurs auraient dû abandonner le R134a au profit d'un gaz ayant un PRG inférieur à 150. Cette règlementation s'applique normalement à tout nouveau type de véhicule. Depuis 2009, les constructeurs, après moultes discussions, s'étaient accordés à utiliser le R1234yf, un gaz dont le PRG se limite à 4 et dont la durée de vie dans l'atmosphère est de l'ordre d'une semaine.

Toutefois, fin 2012, Mercedes n'a pas souhaité équiper la nouvelle Classe A avec ce nouveau fluide, conduisant à un blocage des immatriculations en France. Pour ce faire, le constructeur allemand a fait homologuer ce nouveau modèle comme étant un simple restylage de la précédente Classe A (ce qu'ont fait Renault et Peugeot, par exemple, avec le Captur et le 2008 pour éviter d'utiliser, eux-aussi, le nouveau fluide). Il a ensuite remis en cause le bien-fondé de ce fluide sous prétexte qu'il était inflammable.

Au final, l'homologation des Mercedes a été validée par décision européenne. D'autre part, il a été conclu que les accusations de Mercedes concernant l'inflammabilité du R1234yf n'était pas fondées. Si le R1234yf est bien plus inflammable que le R134a, de nombreux tests ont établis que le nouveau fluide ne remettait pas en cause la sécurité du véhicule et de ses occupants.

Si le R1234yf présente de meilleures caractéristiques environnementales, il coûte aussi beaucoup plus cher (le surcoût est estimé à 40€ par véhicule par rapport au fluide actuel) et jusqu'à présent, les fournisseurs n'avait pas la capacité de fournir suffisamment de fluide pour couvrir les besoins de l'industrie automobile.

Le CO2 (nommé R744 lorsqu'il est utilisé en tant que fluide réfrigérant) est une autre alternative, notamment dans le cas d'une utilisation dans une pompe à chaleur (présente dans certains véhicules électriques). Le CO2 a pour avantage d'être un fluide naturellement présent dans l'atmosphère. Il est non-inflammable et à le plus faible impact possible sur l'environnement (PRG de 1 contre 4 pour le R1234yf).

Lorsque la température ambiante est élevée (plus de 25 °C), le CO2, en tant que fluide réfrigérant, est généralement moins efficace en matière de consommation d'énergie que le R1234yf, pour refroidir l'habitacle. Pour des températures modérées (entre 0 °C et 25 °C), le R744 offre des performances équivalentes aux autres réfrigérants.

En-dessous de 0 °C, lorsque la pompe à chaleur agit en tant que chauffage, le CO2 est, en revanche, plus efficace. Par exemple, à une température ambiante de -10 °C, une pompe à chaleur fonctionnant avec du R744 consomme environ moitié moins d'énergie qu'une pompe à chaleur fonctionnant avec le réfrigérant R1234yf.

Toutefois, au contraire du R1234yf, une climatisation fonctionnant avec du dioxyde de carbone nécessite de repenser complètement les différents organes du système de climatisation car le R744 travaille à des pressions plus élevées. Dans le circuit haute pression, le CO2 doit être comprimé jusqu'à 140 bar au lieu de 30 bar avec les autres fluides réfrigérants. De même, dans le circuit basse pression, le R744 est comprimé à environ 90 bar contre 3 bar avec les autres fluides.

Climatisation automatique

Pour réguler la température à l'intérieur de l'habitacle, la climatisation automatique revêt différents raffinements pour le confort des usagers. D'une simple climatisation automatique monozone, elle peut se transformer en un complexe système capable de gérer plusieurs zones de l'habitacle, d'activer automatiquement le désembuage des vitres ainsi que le recyclage de l'air.

Une climatisation automatique repose sur un ou plusieurs capteurs de température disposés dans l'habitable (selon que la régulation de la climatisation soit monozone ou plus). De plus, une même zone peut comprendre plusieurs capteurs de température (un au niveau de la tête des occupants et un autre au niveau des pieds par exemple) afin d'optimiser le fonctionnement de la climatisation.

Les systèmes de climatisation automatique font généralement appel à un capteur d'intensité solaire de manière à répartir différemment la ventilation selon les conditions d'ensoleillement. Par exemple, la climatisation automatique priviligiera la ventilation vers le visage des occupants lorsque le véhicule se retrouvera face au soleil.

Ainsi, la climatisation automatique est capable de gérer de manière autonome le débit d'air ainsi que la répartition vers chaque buse de l'habitacle à l'aide de plusieurs servo-moteurs actionnant les clapets de répartition dirigeant vers le pare-brise, le visage, les pieds, l'avant, l'arrière, la droite, la gauche, etc.

Enfin, certains véhicules peuvent être équipés d'un capteur de pollution (autrement appelé sonde de qualité d'air). Mesurant la concentration dans les ambiants des COV (Composés Organiques Volatiles tels que gaz d'échappement, vapeurs de solvants, ...), il commande à la climatisation de passer en mode de recyclage d'air automatiquement.

Influence sur la consommation d'essence

L'utilisation de la climatisation peut entraîner dans les cas les plus défavorables une surconsommation de l'ordre d'1 l/100km voire plus, alors que le véhicule circule en ville par temps chaud et que la ventilation fonctionne au maximum avec une température d'air minimum. Sur une année complète, l'ADEME estime que la climatisation contribue à augmenter la consommation de carburant de l'ordre de 5%.

En été, lorsque l'habitacle est surchauffé, il est conseillé d'aérer l'habitacle avant d'enclencher la climatisation, ceci afin de baisser la température de l'habitacle. D'autre part, il peut être bénéfique, pendant les 15 premières minutes, d'enclencher le recyclage d'air au lieu d'alimenter l'habitacle avec l'air chaud extérieur. Après ce quart d'heure, il est conseillé de repasser la climatisation en mode normal (alimentation en air extérieur), ceci afin de ne pas avoir de l'air vicié au sein de l'habitacle.

La climatisation : en hiver aussi ?

Parce qu'elle assèche l'air, la climatisation est bénéfique même en hiver. En fonction, elle permet de désembuer plus rapidement les vitrages du véhicule et évite la reformation de buée.

A l'avenir

L'avenir de la climatisation devrait se traduire par la généralisation des compresseurs électriques comme en sont déjà équipées les Toyota Prius par exemple. Le fonctionnement du compresseur pourra être optimisé selon les besoins du système et non plus selon la vitesse de rotation du moteur. Au fil des années, le moteur se retrouve ainsi déchargé de nombreuses sollicitations (direction assistée, pompe à eau,...) pour se concentrer sur sa fonction première et réduire ses émissions nocives. 

Plus particulièrement pour les véhicules électriques, ne pouvant compter sur la chaleur émise par les moteurs thermiques, les systèmes de pompes à chaleur réversibles (capable de produire de l'air chaud comme de l'air froid) sont amenés à se généraliser pour ne pas dégrader l'autonomie des voitures électriques comme l'ont fait Renault pour la Zoé et BMW pour l'i3.

 Crédits images: Audi, Citroën, Delphi, ETAI, Renault, Wikimedia

Nanite
le 10 juillet 2023 à 12h32
Bonjour Guillaume,

je vous expose un problème, j'ai une Alfa Giulietta avec un soucis de clim.
on pensait que la voiture ne faisait pas de froid etc...

Le condenseur était à changer car perforer lors d'un petit choc.

Il a été changé le circuit est étanche hors, j'ai fait recharger la clim et l'air qui en sortait était chaud.

je ne comprenait pas après avoir vu avec la personne le compresseur de clim ne ferai pas son travail. si je met la clim à faible vitesse de l'air frais sort à 6 ou 7 degrés de chaque aérations.

hors à débit élevé l'air froid sort seulement d'un côté. et à 15 degré ou 20 degrés si il fait très chaud du coté gauche.

on m'a dit que le compresseur serai la cause car il aurai du mal à comprimer le gaz (si je dis pas de bétise désole je ne suis pas du tout expert)

Quel serait votre avis la dessus ? Sachant que le frais fonctionne bien à vitesse faible.

Cordialement.
Guillaume Darding [administrateur]
le 14 juillet 2023 à 14h03
Bonjour nanite,

le compresseur est une possibilité, mais qui me parait assez peu probable car, lorsqu’il fonctionne mal, l’air est généralement chaud dans n’importe quelles conditions. Je verrais plutôt un problème au niveau de l’évaporateur qui serait partiellement obstrué.
JC Sarkissian
le 08 juillet 2026 à 11h07
Bonjour,
Tout d'abord je vous remercie beaucoup d'expliquer de façon très claire le fonctionnement d'une climatisation automobile.
J'ai de mon côté une problématique sur mon véhicule à vous soumettre : quand je mets en marche la climatisation à l'arrêt (moteur tournant au ralenti), l'air qui sort des buses est froid. Lorsque je roule, la clim se coupe et l'air sortant des buses est à température ambiante. J'ai fait faire une recharge du fluide frigorigène qui n'a rien solutionné. J'ai donc amené ma voiture à Peugeot (c'est un 3008 HY4 de 2013, équipé du 2.0 HDI) qui a constaté le problème alors que tous les paramètres contrôlés par valise sont normaux. Le garage m'a rendu la voiture en me disant que ce problème dépassait ses compétences. Pendant quelques jours, la clim a remarché même quand la voiture roulait ! Puis le problème est revenu.
J'ai donc apporté mon 3008 à un second garage qui, cette fois, n'a pas pu constater la panne, la clim fonctionnant normalement, et tous les paramètres affichés étant normaux. J'ai récupéré mon véhicule et, effectivement, la clim fonctionne normalement. Ce problème me rend fou, sachant que j'ai traversé les canicules de mai, puis juin (nous habitons dans le sud-ouest), et qu'on va traverser la France cet été pour les vacances.
Auriez-vous une idée sur l'origine de ce problème ?
Je vous remercie d'avance. Bien cordialement.
Gilbert
le 14 juillet 2026 à 16h24
Bonjour,
Si votre clim fonctionne bien au début et puis après 20 ou 30 minutes vous avez de l'air moins frais. C'est surement la sonde d'évaporateur qui se trouve dans le tableau de bord, qui ne gère pas le dosage de la température.
Il gèle le tuyau à basse compression et gèle aussi votre filtre habitacle.

Cordialement
JC Sarkissian
le 31 juillet 2026 à 14h42
Bonjour,
Merci pour cette réponse. Depuis mon message du 8 juillet, la clim fonctionne toujours normalement. Quand le problème se posait, la clim se coupait dès que je me mettais à rouler et se remettait en route dès que le moteur était de nouveau au ralenti donc ça ne correspond pas à un dysfonctionnement de la sonde d'évaporateur. En tout cas je vous donnerai des nouvelles dès que j'en aurai, si cela vous intéresse bien sûr.
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